Valentine et Thaïs devront se salarier pour payer leur prépa

Valentine, 17 ans, bachelière 2014 va devoir travailler pour combler le trou financier causé par la suppression de la bourse au mérite. Beaucoup d'autres sont dans son cas, et cette situation met en danger sa réussite. La suppression de la bourse au mérite tacle directement les ambitions des jeunes issus de milieux modestes, nous ne le répéterons jamais assez.
Elle nous a envoyé son témoignage :
"Ayant décroché en cette année scolaire 2013/2014 un bac S avec mention très bien, et étant boursière, je suis aujourd'hui indignée. 
Indignée qu'une telle décision puisse être prise sans que personne n'en ait connaissance. Comme beaucoup d'autres bachelier(e)s, j'ai travaillé dur toute cette année pour pouvoir avoir la mention très bien, et donc décrocher la bourse au mérite, afin de financer mes études. 
J'ai donc réservé une chambre au CROUS afin d'être au plus près de l'établissement dans lequel je comptais effectuer une CPGE scientifique, et d'avoir un minimum de confort pour réussir mes études.
Sachant que je devais toucher la bourse au mérite, le montant n'était pas un problème. Or aujourd'hui, avec cette mesure, je ne sais pas si je pourrais vivre correctement l'année prochaine. Il faut savoir qu'il y a beaucoup de frais à prendre en compte pour un(e) jeune étudiant(e), et pas seulement le logement: il y a également les frais de transport, la nourriture etc. 
Et pour subvenir à ces besoins, la distribution de la bourse au mérite est plus que nécessaire, elle est indispensable.
Je vais devoir trouver un job à mi-temps tout en bossant dur en prépa, et le pire c'est qu'étant encore mineure je n'ai pas réussi à trouver du travail dans mon coin cet été. 
Alors oui aujourd'hui je suis indignée, et j'ai honte. Honte de ce gouvernement qui prend des décisions en catimini, et qui ne privilégie pas les étudiants boursiers méritants. Car avant d'être méritants, nous sommes boursiers, et je pense que beaucoup l'ont oublié. Alors si le gouvernement préfère avoir moins de diplômés dans les classes populaires, qu'il continue. Car nous allons devoir travailler soirs et weekends pour subvenir à nos besoins, et ne pourrons donc pas nous consacrer pleinement à nos études. 
Alors, que des mesures soient prises pour une réduction des dépenses gouvernementales, d'accord, mais sont-elles à prendre au détriment des étudiants méritants?"

Aujourd'hui beaucoup de jeunes sont dans son cas, comme nous le rappelle un article d'Europe 1 : 

"Pour Thaïs, l'incompréhension domine : "Je suis vraiment très en colère. La suppression de cette bourse ne fait qu'accentuer la dévalorisation du baccalauréat. On supprime ainsi la considération des efforts qu'on a pu fournir tout au long de l'année." À la rentrée, elle intégrera une prépa littéraire mais avec un désavantage car elle devra travailler. Elle s'est d'ores et déjà inscrite dans une boîte d'intérim."

Source : "Les bourses au mérite supprimées à la rentrée" de Noémie Maroi et Pauline Jacot : 
http://www.europe1.fr/Societe/Les-bourses-au-merite-supprimees-a-la-rentree-2188473/

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